Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Pouzols du 11 Mai 2021

Ce n’est pas Mailhac qui vous a « lâché »

Nous apprenons à nous connaître. C’est très bien.
Un groupe de travail du conseil municipal de Mailhac est venu devant le conseil municipal de Pouzols pour vous présenter une implantation pour une école intercommunale « en trait d’union » entre Pouzols et Mailhac.
Vous avez rejeté cette proposition et êtes venus à Mailhac à votre tour présenter votre implantation sur le stade de Pouzols.
Nous nous renvoyons des politesses. C’est très bien.

Chacun à notre tour, en fin de réunion, nous remercions l’autre de l’avoir reçu.
Sauf vous, Monsieur le Maire de Pouzols, qui faites remarquer en ce 4 Mai 2021 que vous n’appréciez pas notre remise en question « tardive » de l’implantation sur le stade de Pouzols.
Je vous comprends. Vous vous sentez « laché », voir trahi.

Soyons clair, ce n’est pas Mailhac qui vous a « laché ».
Mais les personnes qui auraient du négocier l’implantation (M.CALVET ; M.DEBLED), qui ne l’ont pas fait et qui vous ont « promenés ». Ce sont eux que l’on retrouve au premier rang pour la réception du sous préfet. Ce sont encore eux qui conduisent le sous préfet visiter le stade de Pouzols. Ce sont encore eux …, mais ce n’est pas Mailhac qui vous inflige un camouflet.

L’amertume que vous ressentez aujourd’hui, alors qu’ils quittent le navire, nous l’avons ressentie lorsqu’ils embarquaient pour le stade de Pouzols.
Le vrai Mailhac, c’est celui qui prend acte de l’importance de l’école. Ni plus, ni moins que Pouzols.
Alors NON, à l’implantation de l’école intercommunale sur le stade de Pouzols.

Le piège est de confondre « idée de faire une » école et « Projet d’une » école

Nous sommes à une croisée de chemins. Repli identitaire (chacun son « toit d’école ») ou projection communautaire volontaire (un seul « toit d’école »). Avant d’exposer un choix, je crois qu’il faut se libérer d’un piège (Vu depuis le conseil municipal de Mailhac).

Pris au piège des mots et des formulations : « – Nouvelle école, projet phare de la municipalité de Mailhac. ». S’en suit : « – Nous devons la réaliser, c’est pour cela que nous avons été élus. » Le piège est refermé sur une obligation de faire, qui limite notre pouvoir de de décision et de négociation.
Le mot piège est « projet ».
Parce que « projet » est porteur d’un degré de définition avancé.

Synthétiquement dans le domaine de la construction, le « projet » précède la réalisation de l’ouvrage (c’est le dossier remis aux entreprises pour travaux).
Qui précèdent le « projet », à rebours, nous avons :
« Avant-projet » (Demande des autorisations administratives) ;
« Esquisse » (Concours d’archis : Définition des grandes lignes architecturales, évaluation coût du bâtiment) ;
« Programme » (Définitions et souhaits des commanditaires) ;
« Etudes de faisabilité » (Confrontation de l’idée à la réalité : Implantation ; Valeur
économique ; Valeur sociale ; … ; Réactions de la population) ;
« Idée de faire » (Programme politique ; Promesses électorales).
Où en est on aujourd’hui ?

Reformuler « l’idée de faire une » école intercommunale pour pouvoir avancer

Que pensez vous de la formulation suivante ?
« – Nouvelle école, IDÉE phare des municipalités de Mailhac et Pouzols ».
S’en suit : « Nous devons étudier chaque phase et décider en fonction des résultats, c’est pour cela que nous avons été élus. »
Libérés de l’obligation de faire, nous sommes en attente de bonnes conditions pour poursuivre, sinon suspendre, attendre, remettre en question, reformuler, …

Prenant acte du faux départ, vous conceptualisez un nouveau départ en disant : « – Nous aurions du commencer par là ! » en parlant de l’intercommunalité.
Je pense ne pas être le seul à vous suivre « par là ! ». A prendre le chemin de l’intercommunalité volontaire.

Débarrassons nous d’un autre mot piège : « Urgence »

Avant cela, il faut se débarrasser d’un autre mot piège : « urgence » (Vu depuis le conseil municipal de Mailhac).
Urgence voulue par les édiles Mailhacois.
Urgence de voir poser la première pierre, peu importe où.
Urgence présentée publiquement pour sortir de la vétusté des locaux et de l’insécurité face aux inondations.
Si vétusté et insécurité sont réellement reconnues, c’est dans les 24 heures qu’il faut agir. Sinon oublier les épouvantails et leurs effets de manches.

Comme précédemment, libérés de l’obligation de faire dans l’urgence, nous pourrons initier l’école de la « deuxième chance », comme une école qui consolide les bases.
Concrètement, les bases existent, regroupées dans le RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal).
Il y a « deux toits », un dans chaque village.
Raisonnablement, nous reconnaissons qu’un « toit unique » (scolaire ; extra scolaire ; scolaire augmenté ; …) serait un plus pour tous (enfants ; enseignants ; parents ; élus ;…).
Ce « toit unique », il est forcement intercommunal.
Ce toit a besoin d’un « terrain d’entente », un terrain neutre pour les deux villages.
Impossible aujourd’hui de dire où est ce terrain.
Pour le trouver il faut s’écouter, pour s’entendre intercommunalement.

Notre rencontre n’est pas vaine, elle a soulevé des questionnements :

Les présentations passées entre conseils municipaux ne sont pas vaines. Ce sont des réunions de travail. Ce serait illusoire de forcer le résultat, et nous pouvons nous contenter d’avoir pointé certaines problématiques, par exemple :

La distance acceptable entre l’école et les espaces agricoles ?

Il existe des normes. Nous sommes d’avis que la distance pour tranquilliser les parties est à augmenter. De combien ? S’agit-il de 50m ; de 100m ; d’une haie de ht :2.50m x l :2.50m ; … Il y a forcement des solutions satisfaisantes.

La préservation de la ruralité ?

La préservation de la ruralité ?
Quel est le bon rapport entre l’attractivité et le potentiel d’augmentation de la population des deux villages ? L’intercommunalité volontaire est elle une menace à la ruralité, ou une consolidation ?

La symbolique de l’école ?

Symbole de la transmission intergénérationnelle, locale, rurale, … Dans le cadre intercommunal, consécration du respect et de l’intégrité des parties. Valeurs de mise en commun, de partage, d’équité, …

Combien d’autres points à soulever ?

Pensez vous qu’il y ait des élus des deux villages porteurs d’intercommunalité pour qu’ils travaillent ensemble ?
Qu’ils dialoguent, échangent, fassent remonter les envies, les espoirs des uns et des autres.
Qu’ils présentent aux autres membres du conseil, à un public élargi le fruit de leur travail.
Nourrissons le débat par des apports extérieurs (CAUE ; Géographe ; …), par des apports internes au RPI.

Nous avons besoin d’aide.


L’horizon est quelquefois bouché par certains, écartons les pour voir plus loin.


Bien cordialement.